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Ressource & Harmonie

Trop cher le BIO ?


"C'est pas cher" est devenu un leitmotiv,...

Depuis quelques années, "C'est pas cher" est devenu un leitmotiv, la première qualité mise en avant par tous les publicitaires, la devise même de nos distributeurs. C'est pas cher  semble être devenu la première motivation d'achat. On se précipite vers les soldes sans se demander comment les propriétaires de magasins arrivent à survivre, et, d'ailleurs tous les petits commerçants ferment leurs portes. Maintenant via  internet, ce sont les magasins les plus grands qui reculent à leur tour, après avoir  étouffé le petit commerce. La fermeture du Virgin est un bel exemple.

 

En serrant les prix de plus en plus, les créateurs de tout genre, les artisans, les petits entrepreneurs sont spoliés, puis étranglés.

Parmi eux se trouvent les petits producteurs bio. Les seuls qui sont à même de nous garantir une alimentation de proximité de qualité.

Des exploitations que nous pouvons visiter, où nous pouvons faire nos courses. Capables de fournir les magasins bio sérieux, dignes de ce nom.

 

Il faut savoir, par exemple, que le producteur de petit épeautre bio doit travailler 6 fois plus que le gros producteur de blé conventionnel pour le même gain. Le petit épeautre devrait donc coûter 6 fois plus cher que le blé, mais aucun client n'est prêt à payer ce prix ! Même en perdant les deux tiers de son travail, le paysan entend encore "C'est trop cher "!

 

Alors comment faire pour gérer son budget ?

 

La réponse est simple : quand on mange bio, on mange AUTREMENT. On achète des légumes, des céréales, des légumes, des céréales, des légumineuses, des fruits au poids, non transformés. Et on fait la cuisine soi-même. On consomme au moins 80 % de végétaux par jour.

Et on arrête de se plaindre sans cesse que tout est cher. Car c'est faux. En bio, on ne jette rien. On mange les fanes de radis, toutes les feuilles vertes de la salade. On n'ôte pas le trognon de pomme en jetant une partie de la chair. On mange la partie verte des côtes de blettes, on mange les tiges du persil, la partie verte des poireaux, tout ça c'est plein de vitamines et de sels minéraux.

 

Que se passe-t-il si l'on donne la primauté aux prix bas ?

 

A vouloir toujours moins cher, on voit les règlementations européennes sur le bio s'adapter au prix bas, avec une détérioration évidente du bio, visible dans les grandes surfaces. Le poulet bio de grandes surfaces a eu beau manger du grain bio, sa chair est molle et ses os fragiles, ce qui n'est pas le cas des vrais poulets bio de petites exploitations.

 

A force d'éxiger du moins cher, nous aurons bientôt nous aussi des lasagnes fourrées de raclures d'os de tendons et de nerfs broyés, mais garanties bio ! Nous aurons nous aussi des légumes et des fruits amendés au lisier humain, avec antibiotiques, hormones et pesticides, car on ne prendra pas les eaux usées des mangeurs bio !

Tout cela est en route en ce moment pour satisfaire les inconditionnels du pas cher ! Est-ce bien cela que nous voulons ? Ce n 'est certes pas le but de l'écolomag  !

 

Tout produit de qualité à un prix, le prix du travail, de la conscience professionnelle, de l'amour de la nature et du respect des autres, ne l'oublions pas, la qualité de nos aliments et de ceux de nos petits enfants en dépend !

 

Texte du :

"Le Billet" de France Guilllain  Ecolomag mai/juin 2013